Plouégat Moysan - Ancienne Noblesse.

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Sous l'ancien régime, toute personne noble ou membre du clergé, ou anoblie, étant exempte d'impôts royaux, tout homme qui devenait riche essayait de s'ennoblir lui-même s'il n'obtenait du roi des lettres de noblesse ; aussi à maintes reprises eurent lieu les réformations ou listes des nobles. La réformation de 1547 établit la liste suivante des nobles de Plouégat-Moysan dont les terres étaient exemptes des tailles, fouages, capitation et dîme. Beaucoup n'étaient que propriétaires de terres ou maisons sans y résider : -1. Quermoisan François, noble, 4 février 1454 et 1513 ; -2. Quermoisan Guillaume, sieur de la Villeneuve (Kernévez), 1512 ; -3. Le Rouge Jehan, noble (La Haye) 1427. Les armes de Pierre Le Rouge, sieur de la Haye et de sa femme, Françoise Le Meur, dame de Lesmoal, sont sur les meneaux de la fenêtre de Saint-Thégonnec en Guerlesquin ; -4. De Duon Jehan, noble (Trédujou - Tréduduon), 1427 ; -5. Menou Geffroy, noble, 1427 ; -6. Quence Pierre, noble, 1427 ; -7. Le Minet Jehan, noble, 1427 ; -8. Claude de la Ville-Blanche, noble, sieur de Broons, propriétaire de Trongoff, 1547 ; -9. Vincent an Nénoret, propriétaire du Louch, demeurant à Morlaix, ne sait s'il est gentilhomme mais se marchande, 1543 ; -10. Anavalo, ou Lavalou, propriétaire de Kervayec-Vras, qui se dit noble, 1543 ; -11. Quersan le Petit, propriétaire du Leslec'h qui se dit noble, 1543 ; -12. 0llivier Poullart, et ses frères, propriétaires de Kerfouen, nobles, 1543 ; -13. Allain Rochuel, propriétaire de la maison de Dandro, noble. Cette famille de Rochuel était un ramage ou branche cadette de Trogoff et portait les mêmes armes : « fascé d'argent et de gueules ». Elle s'est fondue au XVIIème siècle dans du Dresnay (J. A. Quiniou).

 

En 1666, par ordre du duc de Mazarin, héritier du cardinal, un autre démembrement des maisons nobles fut établi par le recteur et le général de la paroisse, conservé aux archives départementales, dont la liste suit :

1- Le fieff et seigneurye, juridiction et chatellenye de Trogoff s'étendant dans toute l'étendue de la paroisse de Plouégat-Moisan, le manoir et métairie de Trogoff, et a penarménez à Jean de Pensornou.

2- Messire Alain Huon, seigneur de Kermadec, son gendre, desquels cas déclarantz disent ne sçavoir le revenu annuel estant incertain et non de leur connaissance.

3- Plus le manoir et métairie noble à la Haye, situé dans la même paroisse avecq ses appartenances et ses dépendances appartenant à Messire Michel Le Rouge, seigneur dudit La Haye Kermena etc. (Loué à ferme à Jan et Mathieu Nédellec pour 400 livres) possédant du lieu de Cornouaille.

4- Idem le manoir et lieu noble de Kerfoen appartenant en fonds à autre Messire François Le Rouge, seigneur dudit Kerfouen.

5- Plus le lieu noble de Dandron possédé par escuyé Jan du Dresnay, sieur du dit lieu (valant 40 écus de rente l'an).

6- Item le lieu noble du Louch appartenant en fond et propriété à Missire ... seigneur de Kermabon.

7- Le lieu noble de Kervayec appartenant en fond et propriété à Ecuyer Gabriel Le Bouloing, sieur dudit lieu et rési­dant en l'éveché de Cornouaille.

8- Plus le lieu noble du Leslech appartenant, fonds et droit à Philippe le Dissez, fils mineur de défunt François le Dissez de Kerhuon, authorisé par Paoul le Dissez de Kerhuon, son curateur.

9- Plus une maison et quelques terres appelé Kervistir appartenant à écuyer Philippe du Dresnay, sieur de Launay et Dandro (5 livres par an).

10- De plus une garenne terre froide à présent en 4 pièces, appelée Kervestir bras appartenant fond et droiture à Nicolas Nédélec et femme.

11- Plus un canton de terres nobles et censives appartenant en fond et propriété à François Teurnier appelé le Senson.

12- Une parcelle de terre froide dans la montagne de Crech Huon appartenant en fond et en droit à M. Guy Le Saulx.

13- De plus convenant Le Dantecq Tropostec autrefois taillable et puis le dixième, exempté par le seigneur de la Villeneuve Lochrist le possédant en main (60 livres de rente).

14- Le lieu de Coatizel, manoir et Convenant appartenant à Louis Marie du Parc, chevalier seigneur de Keramelin, époux de Marie Gabrielle Le Rouge de Guerdavid.

15- Il y aurait lieu d'y ajouter Goaremmou ar Province, appartenant aux Etats de Bretagne, dont la désignation n'existe plus (ces garennes pouvaient être roturières)

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A la "montre" (réunion de tous les hommes d'armes) de Tréguier de 1481, on comptabilise la présence de 3 nobles de Plouégat-Moysan (il y en avait 4 en 1426) :

Jehan BUZIC (10 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon DONDOU (12 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer ;

Yvon LE ROUGE (30 livres de revenu) : porteur d’une brigandine et comparaît en archer.

 

A la veille de la Révolution de 1789, en dehors du seigneur de Trogoff, qui n'y résidait point et de quelques hobereaux, qui y étaient propriétaires de peu d'importance, sans y habiter, quelques familles s'élevaient au-dessus des autres, par les richesses acquises dans le commerce ou des charges publiques ; on n'en constate aucune enrichie dans le travail de la terre. C'est ainsi que nous trouvons des « Le Dissez », provenant de Paul Le Dissez, avocat au Parlement, qui demeurait à Plestin ; Guillaume Le Dissez, sieur de Kerbabu, honorable marchand, était père du prêtre Yves Le Dissez ; Philippe Le Dissez, son frère, était sénéchal de Trogoff en 1699 ; une demoiselle Marguerite-Vincente Le Dissez, leur nièce épousa, le 12 octobre 1711, à 21 ans, sous le nom de Mlle Pennanech, noble homme François Lovens, sieur du Mons de Plouégat-Guerrand, âgé de 50 ans ; une demoiselle Marie-Yvonne Le Dissez, dame de la Haye, agée de 20 ans, épouse, le 12 février 1715, Escuyer Olivier Le Gac de Lansalut, sieur de Kerversec, en Plouigneau, âgé de 50 ans ; François Le Dissez était sénéchal de Trogoff en 1715 ; Paul Le Dissez était seigneur de Quistillic, mais habitait Plougonven. Une Philippe Mahé, soeur de Guillaume Mahé, honorable marchand à Guingamp, est l'épouse de Guillaume Le Dissez de Kerbabu, mère du prêtre Yves Le Dissez ; ledit Guillaume Mahé, est qualifié d'enseigne de la paroisse, au 20 août 1695, au baptême de sa fille Renée, capitaine du détachement de la paroisse (milice garde-côte). Un prêtre, Mahé, exerça son ministère dans la paroisse. Le 14 février 1734 a été enterré M. Ollivier Counan, notaire et procureur de plusieurs juridiction, à l'âge de 79 ans, sa femme était Marguerite Pont ; ses enfants : M. Jan Counan, M. Paul Counan, Yves Counan, M. René Counan, François Counan, Renée Counan, Mathieu Counan et Philippe Counan, ce dernier est qualifié de sieur de Kerhuon, au baptême de Marie-Jeanne Counan, sa fille, le 18 avril 1714 ; François Counan est qualifié procureur fiscal de Lesmoal, dans l'acte de baptême de Jan Bernard, fils de Henry et Yvonne-Renée Counan, an 1731 et signé de Pratalan Counan ; puis Yves Counan, en 1737, est greffier de Trogoff. Mathieu Counan est qualifié d'honorable homme au baptême de sa fille Guillemette et de Françoise Le Goff, son épouse. Le 31 mai 1698 a été enterré Escuyer Jean Le Galcer, sieur de Kerbrunec, 70 ans, mort à Trobara. Un de ses fils, Escuyer Louis-Gabriel Le Galcer, cy-devant premier page de Mr le duc de Penthièvre, est parrain de Louis-Marie-Jean Gauthier, du bourg, le 28 janvier 1785. Un autre, Guy-Jan Le Galcer, né de Jean et Perrine de Bruillac, le 21 mai 1697 ; sa mère, dite de Bruillac de Monfort, décédée en 1739. Il avait épousé Anne Tardivel et sont qualifiés de sieur et dame de Kerhuon, il s'intitule plusieurs fois capitaine du détachement de Plouégat-Moysan (milice garde-côte). Le 20 avril 1730, à la naissance de Jan Dohollou, le père Jean Dohollou est qualifié d'honorable marchand, au Penquer, qui signe, son épouse est Françoise Le Flamanc. Au baptême de sa soeur, Marie Dohollou, du 25 avril 1737, le parrain est M. Yves Counan, greffier de Trogoff. Jan Dohollou était frère du prêtre Guillaume Dohollou. Il y encore des descendants dans la commune. Au 15 avril 1699, est baptisé François-Yves Le Dantec, ayant pour marraine Dlle Yvonne du Châtel, dame de Coatangar. En 1781, Maître François ou Rolland Madiou, capitaine du guet, est procureur puis notaire de Trogoff, il y était encore en 1797, il fut le célèbre chouan « Sans Pitié », il habitait Kervoas. Au 21 juin 1612, fut baptisée Anne Le Teurnier, fille de Messire Jean Le Teurnier, sieur de Goascoën et de Marie-Guillemette Calvez ; en 1738, ledit Jean Le Teurnier est procureur et notaire de Trogoff ; le 10 mai 1715 a été baptisé René-Marie Le Teurnier, fils du même sieur, lieutenant de Plouégat ; en 1763, ledit René-Marie Le Teurnier (dit Laisné), est capitaine de Plouégat, sénéchal de Bruillac, procureur fiscal du Monasily, licencié en droit civil et canonique ; le 5 avril 1761 est baptisé Philippe Le Teurnier, fils de noble homme René-Marie Le Teurnier, le précédent, et de Anne Nédellec, alla à Plougonven. Son oncle, Hervé Le Teurnier, fut greffier de Trogoff jusqu'en 1779, il eut pour fils Jean Marie Le Teurnier, né en 1748, greffier de Trogoff après lui, qui devint juge de paix de Guerlesquin, en 1792, puis se retira à Goascoën, où il mourut, le 9 février 1816, cultivateur, veuf de Elisabeth Kerbara. Le fils de ce dernier, Yves-Marie Le Teurnier, né à Botsorhel, mourut le 19 février 1816, veuf de Marie-Jeanne Magrot. Leurs deux déclarations de décès furent faites par M. François-Marie Le Magne, ancien prêtre, âgé de 57 ans. demeurant au Guerlesquin. C'est leur héritage que recueillit le fameux abbé Le Teurnier. Le 23 mars 1776, est née Jeannie-Louise Le Blonsart, fille de François-Marie Le Blonsart, chevalier du Bois de la Roche, et de Jeanne-Hyacinthe du Parc de Kerret, son épouse, demeurant au manoir de Runamahet, son parrain fut Escuyer Jean Duparc, marquis de Kerret, officier au régiment de Béarn, et sa marraine Louise-Claudine Le Blonsart du Bois de La Roche, représentés par Robert Geffroy et Marie Lamour. Le 9 Juillet 1793, l'an 2 de la République française, à 11 h. du matin, par devant Olivier Tanguy, membre du Conseil général de la commune de Plouégat-Moysan, élu le 2 février 1793 pour recevoir les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès des citoyens, ladite précitée dont le père était cy-devant capitaine des gardes-côte de Plufur et dont la mère était décédée, épouse Hubert, Jean Le Blonsart, cy-devant officier du régiment de Penthièvre, âgé de 26 ans, fils de Yves Louis Le Blonsart, et de Marthe Julie Le Maigre, de Garlan. Le fils aîné, de leur mariage : François-Marie Le Blonsart, âgé de 3 semaines est décédé à Rumanahet, le père ne s'intitule plus que cultivateur. Les époux Le Blonsart précités, allèrent ensuite habiter Guerlesquin ; ils achetèrent, le 2 mai 1793, un bien national : Goarem de Saint-Pierre ; François-Marie Le Blonsart cy devant gentilhomme est obligé durant la Révolution, d'y faire constater sa présence, Il est même chargé d'agent des casernements des troupes y cantonnées. Le 30 juin 1790, Messire Pierre-Marie-Nicolas-Alexis Loz, chevalier, seigneur propriétaire des terres, fiefs et seigneuries de Coatcourhant, Quermogan, Corvezou et d'autres lieux, chef et comte dudit nom et armes de Loz, officiers de la marine royale du département de Brest, fils aîné majeur héritier principal et noble de feu Messire Nicolas, Giles, Alexis Loz seigneur de Coatcourhant et d'autres lieux et de dame Marie-Louise Jouvelin du Gollot, veuve, communière de la paroisse de Plounévez-Moëdec, épousa Dlle Marie-Renée-Josephe Le Rouge de Guerdavid, fille majeure des défunts : Messire René Gabriel Le Rouge, chevalier-seigneur de Guerdavid, d'autres terres et seigneuries et de dame Marie-Catherine-Henriette de Keratry originaire de la paroisse de Saint-Melaine et domiciliée sur celle-cy, en présence de Guerdavid de Guainville, Guerdavid du Parc, Duparc de Kermellin, Le Rouge de Guerdavid, Anne-Elizabeth Joahannic de Kergaradec, Joachim Trémeur de Quélen, Cherfils le Bihan de Kerdréoret Le Rouge, Gracien de Kergaradec, Du Larger, capitaine d'artillerie, de Quélen du Plessix, le chevalier de Trogoff de Kerlessy, Armateur Anne Duparc, Louis-Gabriel du Larger, recteur de Pleumeur-Bodou, E.-B. Le Bihan, recteur de Plounévez, Cotty, curé, et Goaffuec, recteur de Plouégat-Moysan. Ces nouveaux mariés habitaient La Haie (ou La Haye) jusqu'à leur émigration. L'un des signataires Joseph Le Rouge de Guerdavid, domicilié au même lieu, vint, le sextidy de la 3ème décade l'an second de la République française (1793), déclarer devant Olivier Tanguy, officier de l'état-civil, un enfant Hubert-Suzanne, né de lui âgé de 26 ans et de son épouse Louise-Périne-Claudine Le Blonsart du Bois de la Roche ; il était assisté de Hubert-Jean Le Blonsart, 26 ans, cultivateur à Runamahet et de Suzanne Brigneau, 43 ans, cultivatrice, domiciliée à Coaden an Faou, en Ploujean. Parmi les noms disparus, souvent cités dans les anciens registres, on voit des Bourguignon, commerçants, des Daoulas, des Quemper, des Plougonven, des Ponthou, Des Le Leer, des Dougabel, des Menou (J.A. Quiniou).

 

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