Plouégat Moysan - Le Patrimoine.

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L'église Saint-Pierre (XVIIIème siècle), reconstruite en 1874. Il s'agit d'un édifice en forme de croix latine, reconstruite entre 1874 et 1879. On a conservé de l'ancien édifice, le clocher édifié en 1700 par l'architecte Maurice Taoc comme le prouve l'acte suivant : "Ce jour 15 janvier 1700 a esté enterré un enfant à Olivier Piolot et Barbé Floch, de Plufur, décédé au domicile de M. Jacques Floch. L'enfant fut ondoyé par M. Maurice Taoc, maître-architecte de la Tour qu'on fait bâtir actuellement à Plouégat". La flèche abattue par la foudre dans la nuit du 8-9 janvier 1886 a été reconstruite en 1902 pour la somme de 5. 690 fr. 94. Parmi les statues de l'intérieur, il faut citer un beau Christ du XVIIème siècle provenant de l'ancienne chapelle de même nom. Il y avait également autrefois un arbre de Jessé. L'église abrite aussi aujourd'hui les statues de saint Michel provenant de l'ancienne chapelle du Christ, sainte Anne provenant de la chapelle de Trogoff (XVIème siècle, jadis au presbytère), la Vierge-Mère (XVIème siècle, jadis au presbytère et provenant de l'ancienne chapelle du Christ). Le pardon a lieu le premier dimanche qui suit le 29 juin, sous le vocable de saint Pierre. A noter qu'il existait jadis un reliquaire : « Le 10 may 1697, les reliques de la paroisse de Plouégat-Moysan estant auparavant dans le reliquaire de la dite paroisse ont esté enterré dans le cimetière de cette paroisse et fait un service solennel par les sieurs recteur et prestres, ce que nous avons conserve sur nostre cahier pour servir de mémoire à la postérité et avons signé. Signé Y. Carré, recteur ; F. Dohollou, prêtre ; P. Lucas, prêtre ». (Tiré du registre de 1697). Pour une pierre tombale, "prétendue par erreur par François Buzit et Marie Le Maistre, sa femme, qui avaient fait inhumer Guillaume le Caizre et Jan le Caizre, dans l'église, sous ladite pierre, qu'ils reconnaissent appartenir à Paoul le Dissez, et qu'ils ont prise par mégarde, un jugement de la Cour de Trogoff est rendu, avec sénéchal et notaire : Y. Le Dissez et Le Teurnier au 3 août 1664". Il y avait jadis une horloge sur le clocher : « Du 10 mars 1814, reçu à valoir 15 livres que je dois toucher, 6 livres de M. le Maire aujourd'hui. Il est entendu entre nous que c'est pour 30 livres que je suis engagé à mettre en bon état la sonnerie de l'horloge dont est cas d'autre part et que la moitié du prix convenu me serait payé à l'instant que j'aurais mis en état de sonner. Signé : L. Benoit ». Le dimanche 27 janvier 1675, le Général avait adhéré à la Confrérie du Rosaire devant le Révérend père René Le Saint-Hyacinthe, du couvent de Saint-Dominique, de Morlaix ; " la chapelle en son intention estante du costé de l'épître de l'église, sera ornée d'un beau tableau selon les formes prescrites et ordonnées dans les statuts de ladite confrérie. Le 30 juillet 1775, M. Pierre Ollivier, praticien, demeurant en la ville et paroisse de Guerlesquin est chargé de la confection du tableau de fondation et du cahier rentier d'icelle, moyennant 48 livres sur bon papier commun et les écrire lisiblement et d'un caractère gronogir " ;

Nota 1 : Prééminences de l'ancienne église de Plouégat-Moysan : « Le 12 Octobre 1679, M. François Bouyn, sieur de Rains, commissaire pour la réformation du domaine royal dans la chatellenie de Morlaix-Lanmeur, fit dresser, en sa présence, le procès-verbal des prééminences de l'église de Plouégat-Moysan, La maîtresse-vitre, composée de 3 panneaux et de 7 soufflets ou lobes, contenait dans le premier de ceux-ci, un écusson portant d'argent à la fasce de sable surmontée d'une merlette de même, qui sont les armes de Pensornou, de la famille de la dame de Kermadec Huon ; au second soufflet, du côté de l'évangile, autre écusson écartelé au 1 et 4 de Pensornou ; aux 2 et 3 de sable à l'aigle éplorée d'argent, becquée et membrée de gueules (Kertoaguen) ; du côté de l'épître, autre écusson écartelé aux 1 et 4 de Pensornou, aux 2 et 3 d'or à la quintefeuille d'azur, qui est Toulgoët. Le 4ème écusson était écartelé au 1 de sable au lion d'argent accompagné de billettes de même, qui est Penhoadic ; au 2 d'or à la fasce d'azur surmontée d'une merlette de même, qui est Calloët ; au 3 d'or au lion de sable à la cotice de gueules, qui est Kerret ; au 4 d'azur à 7 billette d'or, 3, 3, 1, qui est du Perrier, et au 5 sur le tout de Pensornou. Le 5ème écusson était écartelé au 1 de gueules à 3 croissants d'argent, 2, 1 accompagné de besants de même, qui est Forget ; au 2 échiqueté d'or et de gueules, qui est Kergournadec'h ; au 3 d'or au chevron de gueules accompagné de 3 étoiles de même, qui est Plestin ; au 4 d'argent à la croix tréflée de sable chargée de 5 étoiles d'or, qui est de Kermerchou, sur le tout de Folgoët plein. Du côté de l'évangile du grand hôtel, hors les balustres, il y avait un grand banc chargé d'un écusson offrant les armes de Pensornou et alliances. A l'opposé, du côté de l'épître du grand autel, était une petite vitre ovale contenant un écusson mi-partie d'or à 3 croix d'azur accompagnées de 3 annelets de même, qui est Huon de Kermadec, seigneur de Trogoff et de Toulgoët. Sortant du choeur du côté de l'épître, on trouvait une chapelle, avec un autel anciennement dédié à Saint-Sébastien et devenu l'autel du rosaire. La vitre de cette chapelle à 3 soufflets, contenant 5 écussons. Trois d'entre eux portaient d'argent à trois chevrons de gueules, qui est Ploësquellec, seigneurs de Trogoff ; un autre soufflet offrait d'argent à trois fasces de gueules, qui est Trogoff, et le dernier, un vairé d'or et de sable (Gourvinec ?). Plus bas, dans la nef, existait une petite fenêtre avec un seul écusson, mi-parti d'argent à une fleur de lys de sable surmontée d'une merlette de même, qui est Le Rouge, et d'azur à six quintefeuilles d'or, qui est La Forest, appartenant au sieur de Kermeur Le Rouge, pour sa terre de la Haye. Plus bas encore était une chapelle, dans l'enfoncement du cimetière, dédiée à Nostre-Dame de Gloire. La Tige de Jessé devait orner son autel. Dans le dais de bois qui le surmontait était un écusson aux armes de Trogoff. Cette chapelle possédait une grande vitre " au pignon vers midy, composée de 3 jambages de pierre, surmontés de 3 roses, chacune d'icelle de 3 soufflets, et est la dite vitre sans armes, mais remplie de plusieurs figures, représentant la Passion et la Nativité de Nostre-Seigneur, ladite chapelle dépendant du lieu de Trogoff et appartenant au dit sieur de Kergoff ". Missire Hervé Le Bastard, prêtre faisant les fonctions curiales, déclara au commissaire qu'au prône des grand messes dominicales il faisait les prières pour le sieur de Kermadec, comme fondateur et seigneur supérieur de la paroisse, et qu'il n'a vu de son temps aucune lizière ni au dedans ni au dehors de l'église. Messire Alain Huon, chevalier-seigneur de Kermadec et de Trogoff, déclare à son tour que, malgré le dire du sieur curé, il avait droit de lizière dans l'église et avait même été maintenu dans le droit d'en poser une " toutes fois et quantes que recquis sera " (Bande ornée d'écussons qu'il pouvait faire peindre intérieurement et extérieurement). Au bas de l'église, vis-à-vis des fonts baptismaux, était une petite vitre à 2 panneaux, contenant un écusson, mi-parti d'argent au lion mi-parti de gueules et d'azur, couronné et onglé d'or, qui est d'Espinay, et mi-parti de France et d'Angleterre (de gueules à 3 demi-léopards d'or l'un sur l'autre, et d'azur à une fleur de lys et demie d'or), qui est de Goulaine (Louise de Goulaine, épouse de Guy d'Espinay). Du côté gauche de l'église, il n'y avait qu'une seule chapelle, dédiée à Saint-Eloy, et éclairée d'une fenêtre à 2 panneaux et 3 soufflets, dont l'un contenait un écusson de Ploesquellee, "et les dits panneaux sont remplys de figures et autres ornements sans écussons ". Au dehors au haut du pignon de la maîtresse-vitre, était un écusson en bosse de pierre chargé des armes de Pensornou. (Ne serait-ce pas la pierre du pignon de St-Méen ?) » (Archives départementales) ;

La chapelle Saint-Méen et Saint-Judicaël (1830). Elle est qualifiée en 1468 de Plo-Meguen et reconstruite en 1830 par Bernard-François Le Teurnier. Jean-Marie Le Teurnier de Goas-ar-Sioën, en devint le propriétaire après la vente des biens de Trogoff, émigrés en 1790. On y voit un écusson avec les armes de Jean de Pensornou et de sa femme Marguerite de Perret ou Kerret, seigneur et dame de Trogoff, vivants en 1570. La chapelle abrite les statues de saint Méen, saint Judicaël, la sainte Vierge et saint Eloi (jadis au presbytère). Voici ce que dit l'historien local J. A. Quiniou en 1923 : " A l'intérieur de cette chapelle dont le clocheton seul a un certain cachet, les quatre lions du bas des rampants du pignon et on remarque la statue du St Patron, en robe de moine prédicateur, présentant la croix aux fidèles. La tête a une belle expression juvénile. Les poignets fins sortent des manches un peu larges. Les plis de la robe sont un peu raides ; mais l'ensemble montre un souci d'art de la part de l'artiste campagnard qui en est l'auteur. A droite de l'autel, la statue de St Judicaël, représente ce roi de Domnonée ou de Tréguier du temps du roi des Francs, Dagobert, en chape royale, couronne en tête et sceptre doré dans la main droite. La tête est fine ; les plis du manteau sont réguliers ; cette statue ancienne a une certaine beauté. Sur un socle en pierre, en dehors du coeur, une Ste Vierge, de même hauteur de 1m10 que St Méen et St Judicaël, est grossière ; la face plate et ronde est celle d'un homme fruste ; les mains sont démesurées. L'expression de la physionomie est dure. Elle tient sur le bras gauche l'enfant Jésus, à peine ébauché par le sculpteur. Lui faisant pendant, à droite, se trouve la statue en bois de St Eloi, mutilée, en habit d'évêque ; ayant à ses pieds un cheval couché dont il ne reste plus que le tronc. Enfin une statuette en plâtre de la Ste Vierge, est auprès de celle de St Eloi ; la tête poupine, les draperies informes dénotent une production barbare de notre époque, qui font ces représentations en séries à bon compte, mais d'un goût douteux. La statue en pierre de St Judicaël, vêtu de la chape, coiffé d'une couronne, et de la main gauche tenant un morceau de sceptre ? n'est plus dans son sanctuaire, mais au Prajou. A l'extérieur, encastré dans le pignon de chevet, existe un écusson armorié AUX ARMES ECARTELEES AUX 1 ET 4, D'UNE FASCE SURMONTEE D'UNE MERLETTE ; AUX 2 ET 3 D'UN LION BRISE D'UNE COTICE, de Jean de Pensornou, écuyer, seigneur de Trogoff, et de sa femme, Marguerite de Kerret, vivants en 1570. Il y a aussi, à l'entrée du placître, une croix dont le dé porte une inscription en gothique, à peine lisible. Près de la route conduisant au village, accoté au talus, on voit une sorte de bas relief inscrit dans un triangle, figurant un personnage aux bras écartés et levés entre deux figurines plus petites, le tout d'un travail grossier. Peut-être le Christ entre les deux larrons. Un peu au-dessous de la chapelle, dans une prairie, est la fontaine consacrée, en forme d'oratoire, avec couverture et piliers latéraux ; au fond, existe un socle pour une petite statuette en granit de la Sainte Vierge, qui a disparu. On attribue à l'eau la vertu de guérir les maladies de la peau. Quoique la chapelle, qui menace ruine, ne serve plus au culte, elle est encore visitée par quelques pèlerins qui y font des dons. Le pardon qui se célébrait le dimanche de Quasimodo, voit encore apparaître une auberge en plein vent et quelques danseurs de Plouégat-Moysan et de Trémel " ;


L'ancienne chapelle dédiée à saint Trémeur. Elle a été rebâtie au début du XXème siècle par M. Le Bougeant. Il s'agit d'un petit édifice de plan presque carré reconstruit au XXème siècle et ne renfermant que la statue de saint Trémeur. Il s'y tenait une assemblée le lundi de la Pentecôte. " Faisant partie du domaine des Trogoff, au moment de sa splendeur, elle appartint avant 1790, à Le Galeër, sieur de Kerhuon ; vendue comme bien national, le citoyen 0llivier Guillou, du Ponthou, s'en reconnaît propriétaire le 22 floréal an 5. La fontaine, située dans une garenne appartenant à Monsieur Kéromen (NDLR : en 1923), au-delà de Convenant-Diguer, fournit une eau propre à guérir les maux de tête " (J. A. Quiniou) ;


L'ancienne chapelle en ruines de Saint-Laurent du Pouldour (XVIème siècle). Dépendant du manoir de Kerbabu, elle servait parfois de prétoire au sénéchal de Trogoff. On voyait jadis dans cette chapelle, les statues de saint Laurent, saint Yves, saint Hubert, saint Xyste (bénissant et foulant aux pieds un dragon). Vendue comme bien national, l'acquéreur fut François-Marie Le Magne, curé assermenté de la commune, tel que le prouve la déclaration suivante : Je déclare que, propriétaire de la chapelle de Saint-Laurent par moy acquise comme biens nationaux et domaines, destine cet édiffice (sic) au culte catholique romain desservi par des prêtres soumis aux Lois de la République, de laquelle déclaration il a requis acte pour être rendu public dans la commune de Plouégat-Moisan, à fin d'en faciliter la surveillance de la police que le déclarant sollicite lui-même et a signé le 22 floréal an 5, signé : LE MAGNE. Dans l'acte de vente de Saint-Laurent comme bien national à François-Marie Le Magne, le 21 pluviôse an 3, la chapelle et ses dépendances sont ainsi décrits : "La chapelle dite Saint-Laurent et dépendances, consistante en un corps de bâtiment avec une petite chapelle bout au levant, côté au midi de jouinte au grand corps, sur ladite chapelle un petit clocher où il y a une cloche expressément réservée ; ces édifices couverts en ardoises, la grande chapelle ayant de long : 68 pieds, de large : 20, et de hauteur : 10 pieds. Le cimetière autour de ces édifices avec ses murs au levant, midi et couchant, et partie du nord, le talus de ce côté donnant sur un pré dépendant du lieu de Kerbabu, le fond sous les­dites chapelles et cimetière contenant 7 cordes 1/4, confinant au levant, midi et couchant des chemins et du nord avec le pré dépendant dudit lieu de Kerbabu, propriété du citoyen Le Dissez, le tout estimé par l'expert la somme de 960 livres". Après un 1er feu, les surenchères des citoyens Viot 1100 livres, Le Magne offrit 1110 livres, somme a laquelle elle fut adjugée. On y baptisait, car le 26 février 1778 "Jeanne-Hyacinthe Le Brisant, fille de Perron et de Marie Guillemot, de la métairie de Goasilirit, baptisée en la chapelle de St-Laurent, par Le Bourzec, curé ; marraine : Jeanne-Hyacinthe du Parc-Kerret, dame du Bois de La Roche, parrain : M. François Le Foll, procureur fiscal de Trogoff". On y a enterré, et jusqu'à ces dernières années, moyennant 0 fr. 50, la cloche sonnait le glas des défunts, en même temps que dans l'Eglise. Le 25 novembre 1855, le Conseil avait été d'avis que la fabrique fût autorisé à acheter la dite chapelle au prix de 1.000 francs, « considérant que par la souscription des paroissiens, le fabrique peut en faire l'acquisition, et, par là, ses ressources s'augmenteront ». Bien en prit aux édiles de l'époque, car de 1874 à 1879, la chapelle de Saint-Laurent servit d'édifice au culte catholique durant l'érection de l'Eglise actuelle. Le pardon a lieu le dimanche qui suit le 10 août. "Cette chapelle a été très importante, mais actuellement elle est en ruines. Elle n'a qu'un bras de croix, Elle porte un clocheton renaissance. La porte du bras de croix est de même époque. Les fenêtres latérales sont garnies de meneaux. Une poutre porte la date de 1591 et un écusson ovale indistinct. A l'intérieur, l'on voit de vieux saints barbarement coloriés : saint Laurans mutilé ; saint Yves jugeant une contestation entre un riche seigneur et un laboureur déguenillé et paraissant prononcer en faveur de ce dernier. On y remarque aussi deux monolithes (ou lechs) encastrés dans les murs latéraux. Il y aussi les statues de saint Xyste, bénissant et foulant aux pieds un dragon, et de saint Hubert ; ce dernier est couché, ayant la tête posée sur sa main droite et les yeux fermés. D'après M. Le Guennec, ce serait le Jessé d'un assez bel arbre en bois sculpté et colorié dont les restes sont actuellement au Musée archéologique du Finistère. Le tout ne provient-il pas d'une chapelle disparue autrefois située au-dessus du Penquer, dont la fontaine de St-Hubert est proche ; l'eau de celle-ci guérirait les porcs du « Drouc sant Egoutam ou Nicodème » encore recherchée, on la verse dans l'oreille de l'animal malade, puis on la lui fait boire. Près de la fontaine il y a une pierre avec inscription gothique, qui a été sans conteste le soubassement d'un calvaire. A l'extérieur de la chapelle de saint Laurant existe une Croix encastrée dans le mur du placître" (J.A. Quiniou) ;

L'ancienne chapelle Sainte-Anne, aujourd'hui disparue. Il s'agit d'une chapelle privée dépendant jadis du manoir de Trogoff ;

L'ancienne chapelle du Christ, aujourd'hui disparue. Il s'agit d'une chapelle privée dépendant jadis du manoir de la Haye et vendue ou attribuée à Jean Le Bourzec le 18 fructidor an 5. Elle fut démolie par Le Meur qui construisit avec ses pierres une maison aux Quatre-Chemins. Voici ce que stipule un rapport : "L'an 2 de la République Française et indivisible ce jour 11 prairial, après-midy, nous soussignants, Yves Cabon, maire de la Commune de Plouégat-Moisan, canton de Guerlesquin, district de Morlaix, département du Finistère, et Jean Teurnier, agent national et Jean Le Bourzec, officier municipal, Jean Le Fur et Nicolas Nédellec, du comité de surveillance de ladite commune, certifions et rapportons nous être transportés sur l'avis qui nous a été donné, des dégradations et vols commis par quelques-uns des volontaires passant ici le jour d'hier, pour aller vers Morlaix, dans la chapelle du Christ, située près la commune du Ponthou et relevant de notre commune, afin de constater le délit par eux y commis. En conséquence avons vu et donnons pour assuré qu'il s'est commis une fracture à la fenêtre du midy de la dite chapelle dans laquelle on a brisé une partie des vitrages en plomb, bout du bas. Ensuite l'image de Notre-Dame de Consolation a eu la main droite coupée et la tête de son petit qu'elle serre entre ses bras rasée et mis sur le sein de la mère, celle de la statue du Christ étant au milieu de l'autel, on lui a en partie coupé les mains, le nez un peu écrasé et le pied gauche disloqué ; le devant de la couronne emporté. La statue de saint Michel a les bras et une des ailes emportés Une statue portant l'effigie d'Ecce-Homo a la tête rasée, le pied droit presque détaché, une autre petite statue du Christ placée au-dessus de la balustrade, laquelle a été décolée et la croix sur laquelle elle était a été défaite ; 4 pots de fausses fleurs emportées et enlevées. La pierre sacrée mise en petits morceaux ; une petite clochette de fonte emportée ; un petit Christ d'os blanc travaillé a été aussi enlevé. Les cartes sur l'autel emportées est en parties déchirées. Un missel romain déchiré et la couverture a été enlevée et emportée. Le tronc qui est placé contre la balustrade dans l'intérieur de la chapelle a été forcé et la serrure presque emportée et l'argent qui s'y trouvait a été pris et emporté sans pouvoir dire la somme, attendu que la fabrique n'a pu nous le dire lui-même. Nous donnons pour assuré qu'ils ont brisé les pointes de fer placées sur la balustrade avant d'entrer dans l'intérieur du maître-autel et qu'ils ont enlevé ces piques de fer, à l'exception de 8 et que c'est par dessus cette balustrade qu'ils sont parvenus dans l'intérieur du dit autel. — Fait et rapporté le présent procès-verbal les dits jour, mois et an que devant sous nos seings » ;

L'ancienne chapelle Saint-Hubert, aujourd'hui disparue ;

Le manoir de Trogoff (1643), édifié par Jean de Pensornou, seigneur de Trogoff, époux de Marie de Toulgoët. L'écusson du tympan du portail, chargé des armes de Pentsornou, avait été mutilé. Ce manoir possédait jadis une chapelle privée dont l'église paroissiale conserve une statue de sainte Anne. Dans le champ appelé « parc ar Couldry » était le colombier aujourd'hui disparu et déjà en ruine en 1688. Un aveu de Marie Coroller, veuve de Jacques Allain, sieur de la Marre, de 1688, décrit « le manoir principal de la terre et seigneurie de Trogoff, construit de trois étages avecq ses salles, caves, chambres, galletas et escaliers, contenant de longueur 59 pieds, de largeur 20 et de hauteur 28 ; le pavillon aussy y construit de 3 estages, y compris la cave en terre, contient de longueur 28 pieds, de largeur 16 et de hauteur 24 pieds et 1/2, la maison et écurie de jouxte, l'ancienne maison, la maison à four et cresches à brebis, la chapelle du dit manoir aussy couverte d'ardoise, jardin, cours, verger, fontaine, le bois de haulte futaye et taillis, avecq la rabine appelée rabine du Bezquellou conduisant vers le bourg » ;

Nota 2 : Quand Nominoë, ou Néven, le chef breton chargé du commandement des marches bretonnes, se révolta contre Charles Le Chauve et vainquit les troupes de celui-ci à Ballon (près de. Bains), qu'il eût pris le titre de duc, il voulut rendre son duché puissant et indépendant. Il ne pouvait négliger les points importants des anciennes voies romaines. Aussi comme les Romains et presque au même lieu, il est à supposer qu'il établit un de ses lieutenants : Coff ou Goff, auquel il donne l'administration de son marais Guer ou Goarnaven, son vallon et Lan, dénommés Lannéven, et de tout Plouégat. C'est l'origine de la maison féodale de Trogoff, contemporaine de celle de Dinan, dont le château féodal s'éleva vis-à-vis de celui de Trogoff, au-dessus du vallon du Douron. Devise : « Tout franc » (Note : Le Castel-Dinan a été dans l'origine un camp romain, car j'ai trouvé des fragments de tuiles dans sa douve ouest et dans les chemins voisins. Au moyen- âge il devint le chef-lieu des possessions en Tréguier de la famille de Dinan, et en prit alors le nom). La famille des Trogoff (anciens fonctionnaires ducaux) réussit, comme tant d'autres, à transformer en domaines personnels les territoires confiés à son administration. Actuellement on peut reconnaître tout l'emplacement de ce château réputé longtemps imprenable. M. L. Le Guennec en décrit ainsi l'emplacement : « A un kilomètre à l'est du bourg de Plouégat-Moysan, sur l'extrême limite du Finistère, la voie borde un étang long et étroit, tristement assoupi au milieu de landes marécageuses. Une vieille chaussée pavée retient son eau terne, dont le trop plein, jaillissant en flots écumants, actionne l'ancien moulin féodal, encapuchonné de lierre. Une motte couverte d'arbres et de buissons, une enceinte de douves mi-comblées cernant un vaste quadrilatère broussailleux, plein de monticules et de substructions dominent à l'ouest le moulin et l'étang. Tel est l'état actuel du chef-lieu seigneurial de la chatellenie de Trogoff ». Des pans de mur, mis à jour dernièrement, nous donnent une idée de sa construction. Ce sont des entassements de blocs, dont quelques-uns ont plus d'un mètre cube de volume, grossièrement, taillés sur une face ; dans l'intervalle formé par deux côtés distants de 5 m. 90, on a entassé petits cailloux et argile ; aussi après le démentélement de la forteresse, on s'est emparé des pierres des bords, laissant tomber de chaque côté les débris qui ont réussi à recouvrir les fondations. Si le château-fort comme toute forteresse, avait des caves, des oubliettes, elles doivent encore être intactes. Mais le caractère de la construction, toute primitive, se devine et nous fait remonter bien avant l'an 1000, précédant même les premières invasions normandes, où l'on élevait au sommet d'un mamelon, encerclée dans des murs énormes flanqués aux angles de tours où se voyaient les étroites ouvertures ou meurtrières, une forteresse, accessible seulement en un point par une porte défendue par une herse de fer, au bas de laquelle on n'accède que par un pont-levis. A l'un des coins s'élevait le donjon, orgueilleuse demeure du seigneur, du haut duquel un veilleur, posté dans l'échauguette, inspecte de loin toute la campagne avoisinante, tandis que des hommes d'armes arpentent le chemin de ronde établi autour des murs, et lanceront à le première alarme des flèches par les créneaux ou couleront du plomb fondu par les mâchicoulis (J. A. Quiniou).

Nota 3 : La famille de Trogoff. — La primitive famille de Trogoff se fondit dès le XIIIème siècle dans celle de Lanvaux, par le mariage de l'héritière du lieu avec Alain de Lanvaux, vivant en 1288 et qui prit le nom de Trogoff, ses biens ayant été saisis par les Rohan. Il déclara aux osts du duc le 19 août 1294 qu'il devait, à cause de ce fief un demi chevalier à l'armée ducale. Il fit partie des 166 chevaliers convoqués par le duc Jean II (1286-1305) à Ploërmel, pendant l'une de ses guerres. « Le jeudy après la mi-aoust, qui fut l'an de grâce 1294, Alain, sire de Trogoff, déclara qu'il soutait devoir demy-chevalier à l'ost du duc ». Pierre, chevalier-seigneur châtelain de Trogoff et Callac, époux de Jeanne de Callac, fut capitaine de Bordeaux. Il tenait pour Charles de Blois et, en 1354, son château fut confisqué par Jean de Monfort. Celui-ci livra la place aux Anglais avec la place de Bécherel (Ille-et-Vilaine), comme garantie et nantissement de 4.000 nobles (8.000 écus : 24.000 francs) à lui prêtées par Edouard III. Le choix de Trogoff pour gage en montre l'importance, la forteresse surveillant la grande route de Saint-Brieuc à Brest, et étant l'une des clés du pays de Morlaix et de la baie du Douron. Le roi d'Angleterre et les Bretons partisans du duc de Monfort, complétèrent le château-fort pour le rendre imprenable. Un aventurier anglais, Roger David ou Davidson (fils de David) le possédait en 1354 ; il avait épousé par contrainte Jeanne de Rostrenen, veuve d'Alain VII, vicomte de Rohan, et du chef de celle-ci, avait déjà plusieurs châteaux bas-bretons qu'il utilisait comme autant de repaires de brigands, Pestivien et Trogoff, dont la garnison mettait la contrée en coupe réglée. Embusqués derrière leurs remparts, les routiers anglais n'en sortaient que pour porter le ravage et la mort à plus de 7 lieues à la ronde, pillant les fermes, enlevant les troupeaux, coupant les poignets ou crevant les yeux des malheureux paysans. Le capitaine de Trogoff, Olivier Thomelin, était particulièrement redouté par ses cruautés et ses rapts, et son souvenir n'a pas encore disparu de la mémoire populaire. Les habitants de Morlaix sollicitaient Charles de Blois, rival de Jean de Monfort, de les délivrer des maux que les Anglais, établis à Trogoff leur faisaient subir. Aussi, vers 1360, un corps franco-breton tenta de surprendre la place, mais il fut défait et mis en déroute sous ses murs (J. A. Quiniou).

Nota 4 : Récit tiré de Fréminville sur la prise de Trogoff. — Duguesclin, donné en otage par Charles de Blois, au comte de Montfort, après le traité des landes d'Evran, ne fut pas rendu à son prétendant au trône ducal, quand les hostilités reprirent. Mais, gardé par un Anglais, Félleton, s'évada et vint se réfugier à Guingamp où il séjourna quelques jours, d'où il songeait à aller en Normandie guerroyer pour Charles V, roi de France. Mais les bourgeois de la ville implorèrent son secours pour les délivrer des ravages de deux fameux capitaines anglais : Roser Davy, à Pestivien (à 4 lieues de Guingamp), et Thuomelin à Trogoff en Plouégat-Moysan. « Nous sommes chargés, de la part de la ville, ajoutèrent ces bourgeois, de vous offrir une somme de 60.000 écus, et de mettre à votre disposition 6.000 hommes, si vous daignez en prendre le commandement, pour aller attaquer et détruire ces deux châteaux, repaires de vrais bandits ». Duguesclin n'accepta de leur offre que les 6.000 hommes et non l'argent. Ce ne fut qu'au bout de 8 jours que les 6.000 hommes furent armés et équipés. Le grand capitaine se porta d'abord sur Pestivien qu'il démantela. « Après cette expédition, Duguesclin marcha sur le château de Trogoff. Mais Thuomelin, ayant appris de quelle manière notre héros avait triomphé du château de Pestivien, qui était infiniment plus fort, n'attendit pas l'escalade, et dès qu'il se vit investi par les soldats de Bertrand, il se rendit à composition. Il eut la permission, pour lui et sa garnison, de sortir de la place, vie et bagues, sains, et de se retirer où ils voudraient ». Le château fut aussi démantelé, pourtant sans trop grandes ruines, puisqu'en 1841 il en restait encore une tour. Les corps des routiers de Plouégat-Moysan furent enterrés dans le champ qui porte encore le nom de Bérêt-ar-Sozoon, n° 176, section B 4, dépendant de la propriété de Keravern, à Huet J.-M., Maire vers 1923. Duguesclin se rendit ensuite en Normandie. Pierre-Yvon, de Trogoff, fils de Pierre, rentra en possession du domaine familial et des ruines qu'il ne reconstruisit pas. Il avait épousé, en 1360, Marguerite de Léon. De ce mariage naquirent Bertrand (probablement filleul de Duguesclin) et Allain. Le premier se maria avec Péronelle de Bouteville, et fournit aveu en 1400 ; il avait partagé avec son frère. Du mariage de Bertrand et Péronelle de Bouteville, naquirent Jeanne de Trogoff et Marguerite. Tandis que cette dernière épousa le sieur du Mur, la première, dame d'honneur de la duchesse de Bretagne, et qui avait partagé avec sa soeur en 1425, épouse Messire Olivier de Plusquellec, chevalier, seigneur de Plusquellec. Des deux enfants, Maurice de Plusquellec et Plézoué de Plusquellec (sa soeur), ce fut le premier qui hérita de la seigneurie de Trogoff. De son mariage avec Anne du Penhoat, la châtellenie passa à sa fille, Jeanne de Trogoff, qui épousa Charles du Pont et mourut en 1476. Leur fille Marguerite du Pont épousa successivement : 1° Henri de Rohan, sire de Landal ; 2° François de Tournemine, sire de la Hunaudye. Elle mourut sans enfant en 1498, la même année que Charles VIII, roi de France, qui venait d'allier la Bretagne à son trône par son mariage avec Anne de Bretagne. Son héritage, en l'estoc maternel comprenant la seigneurie de Trogoff, passa à Catherine du Chastelier, sa petite cousine, petite-fille de Plézoué du Ploesquellec, qui avait épousé Amaury du Chastellier, seigneur d'Eréac ; Catherine du Chastellier, fille de Jean du Chastellier et de Jeanne Madeuc avait épousé, en 1482, Jean de Villeblanche, sieur de Broons, le Plessis-Balisson, Maumusson, etc. De ce mariage, naquirent quatre enfants : Claude, Antoine, Françoise et Catherine. L'aîné Claude de Villeblanche, devint 1er pannetier de la reine Claude de France, femme du roi François 1er ; peu soucieux de son immense patrimoine, qu'il vendit pièce à pièce, il ne songea pas à relever Trogoff de ses ruines. Il les loua en 1549 à Maurice Le Meur, sieur de Lesmoal « en 1er, l'emplacement du chasteau ancien, caduc dudict Trongoff : aveu de 1541 ». Il épousa Anne Vernon et mourut sans enfants. Son frère, Antoine de Villeblanche, lui succéda en la possession de Trogoff et mourut sans alliance. Les débris de leurs possessions territoriales parviennent à leur neveu, Guy d'Epinay, fils de Guy et de Françoise de Villeblanche, qui épousa Louise de Goulaine, veuve en 1550. Celle-ci rendit en 1544 un aveu pour Trogoff dont voici un extrait : « Le lieu et manoir de Trongoff, sa seigneurie et chatellenie, appartenances et dépendances ci-après déclarez, l'emplacement où fut jadis situé et assis le château, cour, chapelle avec les terres, champs, étangs, bois, taillis et de haute futayes. — Itenu, pour raison de ladite chatellenie, avoir toutes fermes, droits, haultes, basse et moïenne juridiction et justice à quatre potz ». Son fils aîné, Jean d'Espinay, d'accord avec elle vendit en 1555 Trogoff à Pierre le Dymoine et Amice Le Roux, sa femme, mais ne pouvant s'en faire payer, il le fit saisir et remettre en vente en 1559. Il fut acquis par Jean de Pensornou, pour moitié. Ce dernier, fils de Jacques de Pensornou et de Marguerite Calloët, le laissa en 1570 a son fils : Jean de Pensornou qui épousa Marguerite de Kerret ; leurs armes sont encastrées dans le pignon de la chapelle de Saint-Méen ; aux 1 et 4, une fasce surmontée d'une merlette ; aux 2 et 3 un lion brisé d'une cotice. Le fils né de ce mariage, Jean de Pensornou, époux de Françoise du Perrier, rendit le même aveu qu'en 1554, sauf qu'il ajoute « à 4 potz à présent tombés », ce qui fait penser que son droit de haute justice était tombé en désuétude. En 1599, comme tutrice de Guy ou Guyon de Pensornou, Françoise du Perrier, rend aveu au seigneur comte de Boiséon et seigneur de Trogoff en Plouescat, pour des fiefs dépendant du Trogoff en Plouégat-Moysan. Mais Guy de Pensornou mourut jeune ; son cadet, Jean de Pensornou, devint seigneur de Trogoff et rendit aveu à sa majorité en 1617. Ayant épousé d'abord Jeanne Rogon vers 1640, il rendit aveu en 1650 et 1652 pour la châtellenie de Trogoff et la seigneurie de Kérouzéré en dépendant. Il épousa ensuite Marie ou Anne de Toulgoët et fit bâtir en 1652 le manoir, dont la plus grande partie existe encore. Sa fille, Anne de Pensornou, épousa Alain Huon de Kermadec, le 12 janvier 1654 et lui apporta Trogoff en dot. D'après une note de M. Le Guennec, Alain Huon, chevalier, seigneur de Kermadec en Ploudiry, Kermabgeffroy, Penhep, Gorreconq, Penanros, était fils de François Huon, sieur de Kermadec et de Renée de Penancoët. Né à Kermadec, il fut baptisé à Pencran le 11 mai 1629. Il servit comme volontaire dans la compagnie de gens d'armes du prince de Conti en 1648, prit part aux campagnes de Catalogne en 1655 et du Piémont en 1657. Reçu chevalier de Saint Michel en 1649 (l'ordre de la Légion d'honneur de l'époque, créé par Louis XI en 1469 : croix d'or à 4 branches anglées par des fleurs de lys), il fut maintenu écuyer et chevalier d'ancienne extraction par arrêt du 18 juillet 1669, au rapport de M. Denyau. Mais la possession de Trogoff lui ayant été contestée, il s'ensuivit un procès qui le ruina complètement et l'obligea à vendre ses terres de Kermadec et de Trogoff. Il habitait en dernier lieu le manoir de Pennanec'h-ar-Lin, près du Ponthou où il mourut en avril 1684. Au temps de sa prospérité, il habitait le manoir de Trogoff, car au baptême de Birgitte, fille de Jean Lucas, du 1er janvier mil six centz septante et six, parrain et marraine furent Yves Le Dissez, notaire et procureur de Coatizel et demoiselle Birgitte Huon, fille de Missire Allain Huon chevalier, seigneur de Kermadec, Trogoff et autres lieux, qui signe. Au baptême de Henry, fils de Paul Corréau et Françoise le Hollalevat, meunier du Moulin de Perran, le parrain fut : Henry Mat, curé de la paroisse et la marraine : Puissante dame Anne de Pensornou, dame de Kermadec et Trogoff. Enfin le 2 juillet 1676, on enterre Rolland Le Goff, garçon, âgé de 28 ans, serviteur-domestique à Trogoff, en présence de Monsieur et Madame de Kermadec. Ce sont, d'ailleurs les seuls seigneurs qui ont habité eux-mêmes Trogoff. Leurs 4 fils : 1° Claude-René, baptisé à Plouégat-Moysan le 5 septembre 1661, fut prévôt féodé de la vicomté de Landerneau en 1691 ; 2° Guillaume-René, né à Trogoff le 19 février 1663 et 3° François-Mathurin, né à Trogoff le 17 août 1664, tous deux enseignes de vaisseau, furent tués en même temps, le 30 avril 1697, à la prise de Carthagène en Amérique, autrefois port important de la Colombie, dans l'expédition du baron de Pontis ; 4° Vincent, sieur de Penanros, né à Rennes en 1671, devint capitaine de vaisseau et chevalier de Saint Louis (autre ordre de distinction créé par Louis XIV en 1693 avec l'image de Saint Louis sur la croix ; ruban rouge feu). Il laissa postérité qui se perpétua jusqu'à nos jours dans les Huon de Kermadec actuels. Trogoff, saisi en 1681 par Rolland Calloët, seigneur de Lannidy, fut acquis le 23 mai 1681 par Jacques Allain, sieur de La Marre, riche financier morlaisien, et son épouse Marie Coroller. Le nouvel acquéreur étant mort en 1687, sa veuve rendit en 1688 un aveu très détaillé de ses possessions à Plouégat-Moysan, que voici : En la paroisse de Plouégat-Moisan, évêché de Tréguier, le manoir principal de la terre et seigneurie de Trogoff, construit de 3 estages avecq ses salles, caves, chambres, galletas et escaliers, contenant de longueur 59 pieds, de largeur 20 et de hauteur 28 ; le pavillon aussi y construit de 3 estages, y compris la cave en terre, contient de longueur 28 pieds, de largeur 16 et de hauteur 24 pieds 1/2 : et la maison et écurie de jouxte, l'ancienne maison, la maison à four, et cresches à brebis ; — la chapelle dudit manoir aussy couverte d'ardoise, jardin, cours, verger, fontaine, le bois de haulte futaye et tailli, avecq la rabine appelée rabine (avenue) de Bezquellou conduisant vers le bourg. Parmi les terres de la tenue, Parc an Couldry, n° 46, section B 5 de Trogoff, où sont les vestiges du collombier en droit de rebasti, moulin à eau, applacement des vieilles mazières du vieux chateau de Trongoff, à présent tombés en ruines, le jardin dudit moulin et autres issues s'entrejoignant, contiennent 2 journeaux, compris les douves dudit château, la chaussée de l'estang contient 8 cordes de long et 14 pieds de largeur par le bas, et ledit estang, 80 cordes de circuit réduits à 8 journeaux jusqu'aux antiens ruinaux. La chapelle de Kerbabu, desdiée à saint Laurent, appelée vulgairement St Laurent Babu, en laquelle ladite dame avouante déclare estre seule prééminancière, après Sa Majesté et prohibitivement à tous aultres. L'auditoire construit de neuf où s'exerce ladite juridiction et chatellenie de Trongoff, une fois la semaine, jour de jeudy. En la trêve de Lannéven, l'esglise paroissiale de Plouégat-Moisan, avec son cimetière, la chapelle de St Méen avecq ses issues, auxquelles église et chapelle ladicte dame advouante est pareillement première prééminancière à l'exclusion et prohibitivement à tous autres. En la trêve de Trédvion, paroisse dudict Plouégat, une chapelle nommée chapelle de St Trémeur, dans laquelle ladicte dame advouante est pareillement première prééminancière. Déclare aussi ladicte dame advouante avoir droit de création d'officiers dans sadicte juridiction et chastellenie de Trongoff, scavoir sénéchal, bailli, lieutenant, procureur fiscal, greffier, notaire, sergents, même d'un sergent féodé (huissier), droit de seaux, inventaires, ventes, provisions, émancipations, décrets de mariage, d'instruire et juger toutes instances en matière d'office, droits de patibulaires à 4 piliers à estre posez sur le grand chemin menant de la ville de Morlaix à celle de Guingamp proche d'une croix nommée la Croix Neuve, dans un parc des dépendances de laditte trêve de Guerbabu, ditte paroisse de Plouégat, nommée le Meur, et que laditte juridiction de Trongoff est messéante de ta Cour royale de Morlaix. Elle mourut en 1717. Sa fille Marie Allain, qui, par une lettre de 1718, consent au rétablissement de la chapelle du Christ moyennant qu'on y eut réapposé ses armes, épousa Louis Florian des Nos, chevalier, seigneur des Fossés, Cariot, Laville-daniel, puis de Trogoff et autres terres et seigneuries, conseiller doyen du Parlement de Bretasne, « demeurant le plus ordinairement en son hôtel en la ville de Rennes, rue Corbin, paroisse de St Pierre en St George ». Leurs 2 enfants, en 1718, Louis Florian des Nos des Fossés et Marie des Nos, possédèrent Trogoff en indivis. Marie des Nos, veuve du Comte de Kergorlay laissa Trosoff à ses fils : Gabriel-Louis-Marie de Kergorlay et Louis-Florian de Kergorlay qui, en 1789, en étaient tous deux possesseurs, mais, par voie de partage, l'aîné en demeura seul propriétaire. En 1790, son fils : Alain-Marie comte de Kergorlay hérite de lui ; mais ayant émigré, le domaine de Trogoff est confisqué en l'an III et vendu comme bien national ainsi qu'il suit : le manoir de Trogoff à Marie-Françoise Tréal le 24 nivôse an III ; le moulin de Trogoff à Tréal Françoise, femme Le Meur, le 21 germinal an 5 ; Penarménez à Mathieu Le Scornet le 7 germinal an III ; le Ménez-Bian à Jean Le Scour, le 27 messidor an 7 ; Kérouzéré à Pierre Pinchon le 29 floréal an 3 ; 4 parcelles de terre près de Goasilirit à Guillou et Magne François, curé, le 15 brumaire an 8 ; le convenant de Beuzit-Créis, à Gicquel et Guillaume Le Teurnier le 25 thermidor an VII ; le Beuzit-Iselaff à Gicquel et Guillon Marie-Anne, le 25 thermidor an VII. Ainsi disparut le dernier vestige des antiques institutions féodales dont l'énumération se fera dans un autre chapitre. Il y avait des branches des Trogoff seigneurs d'autres lieux : ainsi Bertrand était auteur des branches de Roeumelin, Kerelliau, Coatebia, Kerdrogen, Boiguézennec et Kerlignet. Pierre était auteur de la branche de Kerlessy et annexes. Jean est auteur du rameau de Kergollen ; Jeanne devient dame de Goudelin et Marguerite dame de Lanmeur. D'après Albert Le Grand, Charles de Rosmadec, évêque de Vannes en 1648, était fils de Mathurin de Rosmadec, baron de Saint Jouan, de Gaël, de Comper et de Jeanne de Trogoff, ses armes étaient : pal d'argent et d'azur de 6 pièces. Jean-Honoré, comte de Trogoff, marin français, né à Lanmeur (1751-1794) se distingua dans la guerre d'Amérique et en 1784, devint capitaine de vaisseau et, après une heureuse expédition contre Cagliari (1793), contre-amiral. Il s'entendit avec les Anglais pour leur livrer Toulon et lorsque les troupes de la Convention y entrèrent, il s'enfuit en Espagne et mourut d'une épidémie sur les côtes de l'île d'Elbe. Il y eut de la même famille deux prêtres dont l'un : Francois-P. de Trogoff a signé comme témoin au mariage de Robert Geffroy et Marie Le Dantec en 1776 ; il avait été chapelain de Plougonven en 1765 et curé de Ploumilliau en 1772 ; et le recteur-curé de la paroisse de Lanmeur en 1789 : Charles-Marie de Trogoff qui, au début de la Révolution, en devint partisan et il fut procureur de la commune de 1790 au 12 août 1792, date à laquelle il donna sa démission. Il fit le dimanche 13 février 1791 à onze heures et demie du matin, à l'issue de la messe, en présence du Conseil général de la Commune et des fidèles assemblés, son refus de serment.

La croix Croas-ar-Salud (moyen âge). Il s'agit semble-t-il, d'après la tradition, le lieu où les condamnés à la pendaison aux poteaux de Trogoff, tout proches, devaient faire amende honorables

La croix de Croas-ar-Mal (moyen âge)

La croix de Saint-Laurent (XIème siècle)

D'autres croix ou vestiges de croix : les deux croix de Kerbabu (Moyen Age et XIème siècle), la croix de l'église (1875), la croix relevée en 1959, la croix du couvent (XIXème siècle), Croix-de-Trobara (XIème siècle), Trudujou (XIVème siècle), la croix située près de la chapelle Saint-Méen (XIIIème siècle) ;

La fontaine Saint-Laurent (XV-XVIème siècle)

La fontaine Saint-Méen (XVème siècle)

L'ancienne fontaine du Christ, détruite en 1856. On y plongeait les petits enfants pour hâter leur croissance et leur obtenir la grâce de marcher plus tôt ;

Le vieux manoir de la Haye, propriété de la famille Le Rouge de la Haye et de Guerdavid. En 1923, J. A. Quiniou décrit ce manoir ainsi : " Cette maison a une façade en pierres de taille et offre une porte gothique fort simple, quelques fenêtres en accolade et une lucarne de pierre (autrefois il y en avait une autre). A l'intérieur on voit de grandes cheminées à manteau ; près du foyer de l'une d'elles se trouve une fontaine, qui ne tarit que rarement, recouverte d'un banc clos ; on peut y remarquer aussi un bel escalier en pierres de taille, et plusieurs portes élégamment cintrées. Une des chambres, qui offre sur sa muraille des restes de peinture simulant la pierre de taille, s'appelle « chambre du recteur » ; une autre, celle du curé ; elles servirent de logement aux prêtres de la paroisse pendant la réfection du presbytère, faite vers 1874, comme l'indique une délibération du 8 mai 1872, où l'on vote 15 centimes extraordinaires pour l'exercice de 1873 pendant 12 ans pour la reconstruction de l'église et du presbytère. Le grenier est en partie carrelé avec des briques rouges. Dans l'angle nord du pignon, une élégante meurtrière défendait l'ancien portail démoli en 1906. Dans le champ le plus rapproché de la deuxième maison, les ruines du vieux four banal sont encore visibles. Le vieux moulin, qui en dépendait, sur le ruisseau issant de la fontaine de St-Laurent, a fourni les matériaux employés à la construction de la maison « du moulin de la Haye » au bord de la route nationale n° 42. C'était la demeure d'écuyer Le Rouge " ;

L'ancien logis de Coatizel ou Coat-Izel (XVIème siècle), propriété de la famille du Parc, de Morlaix. En 1923, J. A. Quiniou décrit ce manoir ainsi : " Sa cage d'escalier en forme de tourelle, est terminée par un toit conique surmonté de la girouette traditionnelle. Les fenêtres de l'aile nord sont ornées d'arceaux renaissance. On distingue au pignon un cadran solaire et les traces de deux écussons martelés et une pierre avec l'inscription « 1581 Pierre » sans doute le prénom du premier propriétaire. A l'intérieur existe le vieux potager en pierre ; au grenier, une pièce est carrelée de briques rouges ; un coffre de dimensions énormes, dénote une prospérité de récoltes quand le manoir, la métairie et le convenant étaient de la même tenue. Une terre porte le nom de Labyrinthe, n° 23, section B, à Coat-Izel. C'était la demeure de Amateur de Amateur Duparc, commandant du régiment de Béarn en 1789, émigré en 1791 " ;

Les anciens moulins de Trogoff, de Perran et du Pré. A noter que tous les vassaux de Trogoff devaient porter jadis leur blé au moulin de Trogoff ou de Perran et du Pré, et ceux de Kervayec au moulin de Labbé en Plouigneau ;

A signaler aussi :

- des vestiges gallo-romaines à Guernaven, lieu où se croisent les voies romaines de Morlaix à Guingamp et de Carhaix à Toul-an-Héry ;

- une enceinte avec des traces de douves (l'ancien château des Trogoff, semble-t-il) ;

L'ancien manoir de Kerbabu, aujourd'hui disparu. Voici ce que dit J. A. Quiniou en 1923 : " Le manoir de Kerbabu, demeure habituelle des Le Dissez, sénéchaux de Trogoff, est divisée en deux fermes dont l'une a encore un escalier extérieur en pierre qui conduit à l'étage supérieur ; et un corps de bâtiment avancé pour disposer la table de famille. Quelques petites fenêtres à arc renaissance sont bouchées. Un mur qui enclot le verger vers St-Laurent a une porte cintrée et une pierre percée d'un trou rond qui permettait de surveiller la chapelle et, sans doute aussi, de s'assurer le plus promptement possible des besoins des pèlerins. Aucune trace de cour close ni pavée n'existe plus ; mais les ruines du vieux four de la frairie de Kerbabu existent à mi-chemin du manoir et du Penquer " ;

L'ancien manoir de Rhumanabet, aujourd'hui disparu. Voici ce que dit J. A. Quiniou en 1923 : " Le manoir de Rhumanahet, que certains ont voulu attribuer à des Mahométans ! bien à tort d'ailleurs, est une maison commune bien blanchie extérieurement, qui n'aurait aucun aspect d'ancienne demeure, sans sa porte d'entrée cintrée et, au pignon ouest, un reste de lieu d'aisance de l'étage supérieur. Il a appartenu aux Le Blonsard du Bois de La Roche " ;

L'ancien manoir de Goasarscoën (ou Goascoën), aujourd'hui disparu. Voici ce que dit J. A. Quiniou en 1923 : " Le manoir de Goasarscoën n'a rien ni de féodal, ni de seigneurial. C'est une maison à un étage, avec cours closes par des bâtiments autrefois en genêts et portail à voûte simple. Aucun ornement ne se remarque aux fenêtres ni portes ; des pans de murs indiquent l'existence d'un verger clos ; d'ailleurs un noyer et deux pruniers en sont les derniers vestiges. Il fut la demeure des Le Teurnier et appartient aux héritiers du célèbre abbé Bernard-François Le Teurnier, de Plougonven, qui y résida à différentes reprises, sans doute entre deux cures quelconques. Il fut présent à chaque réunion du corps municipal de la commune comme un des douze plus imposés, jusqu'à sa mort. Bon nombre de personnes se souviennent de le voir arrivant à cheval de sa résidence habituelle ; il faisait exploiter lui-même sa ferme ; bon nombre encore se souviennent de l'avoir vu aux séances de catéchisme avec ses « taolennou » qu'il expliqua lors de la mission de 1875. Il confirma le don à la commune de la chapelle de St-Méen que son oncle avait acquise pendant la Révolution. Dans sa chambre, fort délabrée, il y avait un buffet contenant de belles liasses de papiers qui ont disparu on ne sait comment. On est tenté de croire que là, comme à Trogoff et Goasilirit, les rats et souris sont plus voraces qu'ailleurs " ;

L'ancien manoir de Dandro, aujourd'hui disparu. Voici ce que dit J. A. Quiniou en 1923 : " Il ne reste de l'ancienne demeure des Rochuel (branche des Trogoff), puis des Dresnay et Castellan, que le moulin devenu maison d'habitation, fort banale ; dans le mur d'une étable à étage, est encastrée une pierre en forme d'écusson français, mais dont toute inscription a été martelée. Quelques pans de murs disséminés sur un espace de plus de 300 mètres carrés laissent supposer une ancienne cour close ; l'étang du moulin est envasé et sera prochainement transformé en prairie. Deux pruniers marquent encore l'existence d'un ancien vergé. L'allée qui y conduit de la route vicinale de St-Laurent à Tropostec, débute par une entrée, qu'on devine avoir été monumentale ; un passage pour les piétons par-dessus une dalle posée de champ sur deux marches, était réservé à droite. Les racines des nombreux châtaigniers qui ombrageaient l'allée se voient encore. Si c'est actuellement un domaine peu remarquable, quant à l'impor­ance, quoique d'un seul tenant, il suffit de se rappeler que les tenures de Tropostec, Coat-Frec et Quistillic en faisaient autrefois partie pour compter la maison noble de Dandro comme une des plus importantes de la région " ;

Le pont ar Forest (sur le Douron).

 

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